Environnement – L’UICN dévoile sa «liste rouge des espèces menacées»

A lire absolument

Publié4 septembre 2021, 09:48

Pour la première fois, l’Union Internationale de Conservation de la Nature va également publier une «Liste verte» pour mettre en avant les succès accomplis en matière de conservation.

Craig Hilton-Taylor, patron du département qui gère la Liste rouge, a rappelé l’importance de «mesurer les succès».

AFP

L’UICN publie samedi à l’occasion de son congrès mondial à Marseille sa très attendue «Liste rouge des espèces menacées», baromètre de la destruction de notre environnement, qui sera pour la première fois accompagnée d’une «Liste verte», recensant les succès en matière de conservation.

Depuis 1964, les experts de l’Union Internationale de Conservation de la Nature publient ce recensement, classant espèce par espèce sur une échelle de neuf catégories (de celles qui ne suscitent pas d’inquiétude à un définitif «éteinte») des dizaines de milliers d’animaux, plantes et organismes vivants.

Les experts de l’organisation ont, au fil des ans, évalué et réévalué près de 135’000 espèces, dont près de 28% sont aujourd’hui considérées comme menacées.

Si l’augmentation se poursuivait à ce rythme, nous serons bientôt confrontés à une crise majeure.

Craig Hilton-Taylor, patron du département qui gère la Liste rouge à l’UICN

«Les tendances montrent que nous sommes de 100 à 1000 fois au-dessus des taux normaux d’extinction. (…) Si l’augmentation se poursuivait à ce rythme, nous serons bientôt confrontés à une crise majeure», explique à l’AFP Craig Hilton-Taylor, patron du département qui gère la Liste rouge à l’UICN.

La dévastation de la nature par l’Homme, qui réduit drastiquement les habitats de la faune sauvage, ainsi que la surexploitation de certaines espèces, la chasse, la pêche et les trafics ont mis à mal le vivant.

Inquiétudes engendrées par le réchauffement climatique

Mais scientifiques et experts de la faune et de la flore s’inquiètent de plus en plus des effets du réchauffement climatique. Des changements de catégorie ont déjà été expliqués en partie par la crise du climat, qui peut affecter directement les conditions de vie de certaines espèces, voire leur biologie même, par exemple les cycles de reproduction.

Le passage d’une catégorie à l’autre peut avoir d’importantes conséquences pour une espèce, en termes d’incitation à durcir ou assouplir une législation, mais aussi de visibilité ou de financements.

«Beaucoup de lobbying»

«Il y a beaucoup de lobbying» autour des révisions de la liste, reconnaît d’ailleurs Craig Hilton-Taylor. Et plutôt dans le sens d’éviter à certaines espèces emblématiques le passage dans une catégorie moins menacée. «Il y a beaucoup d’inquiétudes que si une espèce descend d’une catégorie, les investissements s’arrêteront. C’est là que le statut vert va aider», explique le responsable.

Ce statut vert, ou liste verte, sur lequel l’UICN travaille depuis presque une dizaine d’années, va être attribué officiellement pour la première fois lors du congrès de Marseille. Il vise à labelliser les succès des programmes de conservation d’espèce menés dans des aires protégées notamment. Il prend en compte des critères de gouvernance et de planification et bien sûr les résultats obtenus.

«Mesurer les efforts couronnés de succès»

L’objectif, selon le patron de la «Liste rouge», c’est de pouvoir «mesurer que vos efforts sont couronnés de succès»: «Si nous n’avions rien fait, où en serait cette espèce? Et si nous arrêtions tous nos efforts maintenant, que se passerait-il pour elle?».

Les premières réponses sont attendues à 14 h 30, avec le dévoilement des nouveaux classements.

Version originale publiée sur 20min.ch

(AFP)

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Dernières nouvelles

Plus d'articles comme celui-ci