Football – Humilité et travail ont porté Zesiger vers l’équipe de Suisse

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Publié3 septembre 2021, 13:41

Néo international, le défenseur de Young Boys n’a jamais été un diamant brut. Il s’est construit à force d’abnégation et de sérieux. Adrian Ursea et Roberto Cattilaz ont contribué à son éclosion du côté de Neuchâtel.

Cédric Zesiger se souviendra du 1er septembre 2021, jour de sa première sélection avec l’équipe nationale.

Marc Schumacher/freshfocus

Seule «surprise» du premier rassemblement de l’équipe nationale de l’ère Murat Yakin, Cédric Zesiger a effectué ses grands débuts mercredi soir contre la Grèce. À 23 ans, le compteur du défenseur central de Young Boys affiche 100 matches de Super League. À ce chiffre rondelet, il faut ajouter 32 parties de Challenge League.

Ses premiers pas avec le haut niveau, le Bernois les a effectués sous le maillot de Neuchâtel Xamax, le 19 juillet 2015, à Schaffhouse. Roberto Cattilaz dirigeait alors les «rouge et noir», qui retrouvaient la deuxième division pour l’occasion. Le technicien, ainsi que le responsable de la formation neuchâteloise de l’époque, Adrian Ursea, se souviennent du jeune Zesiger.

«Il est arrivé en M12 et il avait déjà une tête de plus que tous les autres», entame Adrian Ursea, ancien adjoint de Lucien Favre à Nice. «Il possédait cet avantage de la taille, mais à cet âge tout reste à faire d’un point de vue technique.» Forts du constat que les grands défenseurs centraux gauchers étaient une denrée rare à l’époque, Adrian Ursea et les entraîneurs xamaxiens «façonnent» le désormais néo-international. «L’accent a été mis sur la coordination, la façon de courir et le développement de l’intelligence de jeu.»

«Il ne sortait pas de l’ordinaire. Mais tout ce qu’il faisait, il le faisait bien»

Adrian Ursea, ancien responsable technique de la formation à Xamax

Des domaines qui ont permis à Cédric Zesiger de devenir un défenseur complet. À force de travail et d’humilité. «Il était bien entouré, sa famille le soutenait et le suivait, relance Adrian Ursea. Il avait également de très bons résultats scolaires. Preuve de son application et de son excellente mentalité. Il était assidu, consciencieux et à l’écoute. Il ne se départait jamais de cette envie de progresser, avec sérieux, mais sans jamais vouloir brûler les étapes.»

Dans son jeune âge, Cédric Zesiger n’était pas forcément destiné à devenir international. Mais il a tout fait pour. Et Adrian Ursea de louer l’abnégation du jeune Zesiger. «Il ne sortait pas de l’ordinaire. Mais tout ce qu’il faisait, il le faisait bien. Il s’évertuait à résoudre chaque situation en mettant en application ce qui lui avait été inculqué. À ce titre-là, il était exemplaire.»

Débuts comme latéral

Quelques années plus tard, Cédric Zesiger débute donc en équipe fanion. Un peu à la surprise générale. «Le latéral gauche était blessé. Je cherchais un joueur de couloir. J’allais souvent voir les M18 et, après avoir discuté avec Adrian Ursea, il a été décidé de prendre ce gaucher, au beau gabarit et travailleur dans le contingent», relate l’entraîneur d’alors, Roberto Cattilaz.

Cattilaz a fait débuter le jeune joueur dès le coup d’envoi de la saison. «Il n’a été averti que tardivement, le jour du match. Parce que je voulais le préserver, l’empêcher de gamberger, mais parce que je savais aussi qu’il allait assurer», poursuit le technicien neuchâtelois.

Les choses se sont alors enchaînées. Assez logiquement. «Il a disputé quelques matches comme latéral, parce que c’est là que j’en avais besoin, poursuit Roberto Cattilaz. Mais Cédric a rapidement pris de la bouteille. Il n’était pas le plus doué techniquement, mais il possédait l’intelligence de jeu lui permettant de faire son trou. Il a su tirer son épingle du jeu et sa place de titulaire en Challenge League lui a permis d’être rapidement appelé en équipe de Suisse M18 par Gérard Castella.»

«Là où d’autres demandent si une voiture ou un appartement fait partie du contrat, lui n’avait aucune exigence. Il était simplement content d’être là»

Roberto Cattilaz, entraîneur de Xamax, qui a lancé Cédric Zesiger en Challenge League

Au-delà des qualités footballistiques, les deux techniciens tiennent à souligner le caractère et l’humilité du jeune homme qu’ils ont eu sous leurs ordres. «Je me souviens du moment où il a signé son premier contrat de stagiaire, le genre d’entente pas hautement rémunérée. Là où d’autres demandent si une voiture ou un appartement fait partie du contrat, lui n’avait aucune exigence. Il était simplement content d’être là. Il a très rapidement compris que le terrain était son meilleur manager», se réjouit Roberto Cattilaz.

Cédric Zesiger évolue à Young Boys depuis juillet 2019.

freshfocus

Depuis mercredi soir, Cédric Zesiger fait partie de la prestigieuse catégorie des internationaux. Alors même que peu lui prédisaient un tel parcours. «Nous ne pensions pas forcément qu’il ferait tout ce chemin. Mais cela prouve, même s’il n’y a jamais aucune assurance et que les résultats ne sont pas visibles immédiatement, que le travail effectué avec lui était cohérent, relève Adrian Ursea. Tout le mérite lui revient. Il n’a jamais voulu brûler les étapes et il récolte aujourd’hui les fruits de son travail.»

«Il ne faisait pas partie des talents (ndlr: les meilleurs jeunes qui sont davantage suivis et poussés) de la Fondation Gilbert Facchinetti. Peu de monde aurait parié sur lui pour réussir une carrière. Mais il ne s’est jamais pris pour ce qu’il n’était pas. Son histoire est belle et il mérite pleinement ce qui lui arrive», applaudit encore Roberto Cattilaz.

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