États-Unis – Un des «Beatles» de l’État islamique plaide coupable

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Publié3 septembre 2021, 01:20

Alexandre K. a plaidé coupable jeudi de complicité dans les enlèvements et les meurtres d’otages occidentaux en Syrie, entre 2012 et 2015.

En reconnaissant sa culpabilité, Alexanda K. a renoncé à son droit à un procès et encourt plusieurs peines de prison à vie sans droit à une libération anticipée.

AFP

L’un des membres de la bande de ravisseurs du groupe État islamique (EI) baptisée les «Beatles» a plaidé coupable jeudi de complicité dans les enlèvements et les meurtres d’otages occidentaux, dont quatre Américains, devant un tribunal fédéral aux États-Unis.

Alexanda K., ancien ressortissant britannique âgé de 37 ans, plaidait jusqu’ici non-coupable devant le tribunal d’Alexandria, près de Washington, aux côtés d’El Shafee S., 33 ans, un autre des quatre membres du groupe de kidnappeurs de l’EI. Ils sont notamment accusés d’être impliqués dans les meurtres des journalistes américains James Foley et Steven Sotloff, tués en 2014, et celui des travailleurs humanitaires Peter Kassig et Kayla Mueller.

Alexanda K. a répondu «oui» au juge TS Ellis qui lui avait demandé: «Plaidez-vous coupable librement et volontairement parce que vous êtes en fait coupable de ces accusations?». En reconnaissant sa culpabilité, il a renoncé à son droit à un procès et encourt plusieurs peines de prison à vie sans droit à une libération anticipée. Il a aussi passé un accord avec le gouvernement pour fournir toutes les informations en sa possession sur ses actes en Syrie.

Extradés en octobre 2020

L’accusé, né à Londres, s’est exprimé en anglais. Les familles des quatre victimes américaines étaient présentes dans la salle d’audience. Le représentant de l’accusation, Dennis Fitzpatrick, a indiqué qu’elles étaient d’accord avec ce changement de stratégie de défense. Alexanda K. et El Shafee S. ont été extradés aux États-Unis depuis l’Irak en octobre 2020 pour comparaître devant la justice américaine.

Ils avaient été capturés en janvier 2018 par les forces syriennes kurdes, puis remis à l’armée américaine en Irak. Londres, qui ne voulait pas les juger sur son territoire, les a déchus de leur nationalité britannique. Leur extradition aux États-Unis n’a été rendue possible qu’après que les autorités américaines eurent assuré à Londres qu’elles ne requerraient pas de condamnation à mort dans cette affaire.

Décapitation

Alexanda K. et El Shafee S. appartenaient à la cellule surnommée les «Beatles» par leurs otages, en raison de leur accent britannique. Les deux hommes ont grandi au Royaume-Uni, où ils se sont radicalisés avant de rallier l’EI en Syrie en 2012.

Ils sont accusés de l’enlèvement d’otages américains, européens, japonais et syriens de 2012 à 2015, et d’avoir torturé et tué leurs victimes, notamment par décapitation. Les vidéos des assassinats, diffusées par l’EI à des fins de propagande, avaient choqué le monde entier.

Les deux hommes auraient notamment supervisé les lieux de détention des otages et coordonné les négociations de rançon par e-mail. Ils auraient aussi été impliqués «dans des faits répétés de violences physiques et psychologiques contre des otages», selon la justice américaine.

Le chef présumé de la cellule, Mohammed E., surnommé «Jihadi John», a été tué dans une frappe aérienne américaine en Syrie en novembre 2015, tandis que le quatrième «Beatle», Aine D., est détenu en Turquie après avoir été reconnu coupable de terrorisme en 2017.

(AFP)

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