Le plan de rentrée de Jean-Michel Blanquer critiqué

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Au collège et au lycée, si un cas de Covid est confirmé, seuls les élèves vaccinés pourront rester en classe.

«C’est notre boussole que de maintenir ouvert l’ensemble du système scolaire.» Le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a dévoilé mercredi sur Franceinfo le protocole sanitaire prévu pour la rentrée des classes. Le passe sanitaire ne sera pas nécessaire dans le cadre scolaire: le gouvernement mise plutôt sur une forte «incitation» à la vaccination des plus de 12 ans. Au collège et au lycée, en cas d’une contamination confirmée au Covid-19, seuls les élèves non vaccinés devront suivre les cours à distance, pendant 7 jours. Les vaccinés continueront les cours en présentiel. Les classes de primaire, elles, seront fermées dès le premier cas confirmé.

Publié mercredi sur le site du ministère, le protocole sanitaire prévoit quatre scénarios – vert, jaune, orange et rouge. Les mesures relatives à la doctrine d’accueil, aux activités physiques et sportives, au port du masque en intérieur et en extérieur, aux règles de distanciation physique, ou encore à la limitation du brassage des élèves, seront ainsi proportionnellement adaptées à l’évolution de l’épidémie. Pour l’heure, les niveaux jaune ou orange sont les plus susceptibles d’être appliqués en septembre, estime Jean-Michel Blanquer.

«Quand passe-t-on d’un scénario à un autre et qui prend cette décision?», interroge Jean-Rémi Girard, président du Syndicat national des lycées, collèges, écoles et du supérieur (Snalc). La question de la vaccination des élèves ne sera pas simple sur le plan logistique, selon lui, car les enseignants et directeurs d’établissement n’auront pas accès au statut vaccinal des élèves. «Qui va avoir l’information et indiquer que tel élève reste chez lui ou non?»

Organiser une école à deux vitesses ne me semble pas la meilleure façon de répondre aux conditions cognitives, psychiques et physiques dont souffrent les élèves depuis deux ans

Rodrigo Arenas, porte-parole de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE).

«Il va falloir que les familles appréhendent les documents et qu’on arrive à dédramatiser tout ça», estime Olivier Toutain, président national de la fédération des parents d’élèves de l’enseignement public (PEEP). Quid des élèves de 6e qui n’ont pas encore 12 ans? D’après lui, la Peep sera très attentive à la gestion du distanciel afin de garantir une équité entre élèves vaccinés et non vaccinés. «Organiser une école à deux vitesses ne me semble pas la meilleure façon de répondre aux conditions cognitives, psychiques et physiques dont souffrent les élèves depuis deux ans», considère quant à lui Rodrigo Arenas, porte-parole de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE). Il reproche également au gouvernement de faire porter la responsabilité de la vaccination des enfants aux parents. «On nous dit “les gens n’ont qu’à se faire vacciner”. Si ça se passe mal, contre qui on se tourne? Qui est responsable? Aujourd’hui, ce sont les parents ».

Le protocole sanitaire semble «totalement déconnecté de la réalité et en décalage avec les besoins des établissements», estime quant à elle Claire Guéville, secrétaire nationale au Syndicat national des enseignements de second degré (SNESFSU). Elle regrette que la possibilité de faire des petits groupes – nécessitant la formation des personnels, l’augmentation des moyens et des recrutements – et la ventilation des salles de classe – à l’aide de capteurs de CO2 et de purificateurs d’air – ne soient pas évoquées dans le protocole sanitaire. «Je vois mal comment le contrôle continu version Blanquer peut se faire dans de telles conditions. C’est extrêmement anxiogène pour tout le monde .»

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