la nouvelle vie de Schmitt en Bulgarie avant le procès en appel avec Pinot

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Arrivé au cœur de l’hiver en Bulgarie, à Sofia, pour diriger l’équipe nationale de judo, Alain Schmitt a pris ses marques dans ce nouveau pays. En toile de fond, le procès en appel qui l’oppose à son ancienne compagne et athlète Margaux Pinot le 8 avril, dans une affaire de violences conjugales. En première instance, il avait été relaxé.  

« Je me débrouille tout seul. C’est ma vie, je la fais tout seul. » Alain Schmitt a toujours eu des idées bien arrêtées. Lorsqu’il était athlète, il a plusieurs fois joué front contre front avec l’encadrement national. Entraîneur depuis presque six ans, le Lorrain a gardé cette ligne. En Bulgarie, il prépare ce petit pays de judo aux championnats d’Europe qui auront lieu du 28 avril au 1er mai à Sofia. Sur le tatami du centre d’entraînement national du lundi au samedi devant 70 athlètes, il ne pense pas au procès en appel qui l’attend devant la cour d’appel de Paris ce vendredi 8 avril face à son ancienne compagne et athlète au club de l’Etoile sportive de Blanc-Mesnil, Margaux Pinot: « Je vis », répond le médaillé mondial 2013.

Dans la nuit du 27 au 28 novembre, dans l’appartement de la judoka à Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis), une dispute éclate. Les deux versions se séparent. Schmitt est arrêté, t-shirt déchiré, œil au beurre noir, Pinot, championne d’Europe individuelle et championne olympique par équipes à Tokyo, est en état de choc, yeux à peine ouverts. Dans le flou d’un scénario difficile à dessiner, le tribunal correctionnel de Bobigny relaxe Alain Schmitt du fait de violences. Derrière, Pinot publie une photo de ses stigmates et l’affaire prend une autre dimension médiatique. Les deux ex se répondent de conférences de presse en articles avant de reprendre leurs chemins.

« J’ai été super bien accueilli »

Pinot l’entraînement et les compétitions (elle gagne le tournoi de Paris en février), Schmitt la Bulgarie, lui qui était d’accord avec l’équipe nationale israélienne avant qu’elle ne tourne casaque en apprenant l’affaire. Il a débarqué à Sofia à la mi-février et a commencé par un stage de trois semaines pour découvrir ses troupes : « J’ai été super bien accueilli à mon arrivée. Les athlètes étaient très contents et hyper réceptifs. On a une super dynamique de travail. Je suis très satisfait de l’ambiance dans le groupe, de l’engagement sur le tapis. J’ai découvert leur manière de s’entraîner. On a commencé par modifier certaines choses. L’état d’esprit était déjà bon, il suffit qu’ils prennent confiance entre eux et ça roulera. » La Bulgarie n’a plus remporté de médaille olympique en judo depuis 2004. Elle n’en compte que trois pour zéro titre. Son fer de lance est le moins de 90 kilos, Ivaylo Ivanov, un grand gabarit aux bras de pieuvre et triple médaillé européen.

L’état d’Europe centrale ne compte que 13 masculins classés chez les seniors et seulement 5 féminines. Schmitt ira piocher dans les rangs juniors pour essayer de faire grandir ses ouailles. Installé dans une chambre d’hôtel en attendant un appartement, l’entraîneur apprend son bulgare et son cyrillique. Assez rapidement, il a demandé à n’être plus assisté pour communiquer : « J’ai pas mal appris déjà le bulgare, le cyrillique. Je ne suis pas encore super bon je l’avoue. Sujet, verbe, complément, ce n’est pas encore ça. Les phrases ne sont pas trop compréhensibles mais les mots essentiels je les ai, comme les mots du corps humain et des déplacements. Pour lire les écriteaux dans la rue c’est un peu plus difficile mais ça commence à venir aussi. Sinon, il me reste l’anglais. » Les débuts sont heureux à l’ombre de la cathédrale Saint-Alexandre-Nevski.

« Je suis serein, j’ai confiance en la justice »

Ce vendredi après-midi, la pression sera plus forte à la Cour d’appel de Paris quand Schmitt va retrouver son ancienne compagne et athlète et refaire le film de cette nuit de novembre. Depuis Sofia, il avoue avoir peu travaillé avec ses avocats : « Je suis serein, j’ai confiance en la justice. J’ai dit lors du premier procès ce qui m’est arrivé. Je n’aurai qu’à répéter ça ainsi que les nouvelles choses que j’ai apprises jusqu’à aujourd’hui. » Des nouveaux arguments contre Margaux Pinot ? Il n’en dira pas plus. Après la relaxe et la publication des photos Pinot, Schmitt a vu des proches se détourner de lui. Le week-end dernier, les deux auraient pu se croiser dans la salle d’échauffement du tournoi d’Antalya. Mais Alain Schmitt n’a pas fait le déplacement. Pinot s’y est classée troisième en moins de 70 kilos. La judoka et son clan n’ont pas souhaité s’exprimer avant cette audience.

Sur Facebook, elle a publié ce message : « Demain (aujourd’hui ndlr) j’ai besoin d’un max de soutien pour mon procès en Cour d’Appel à l’Ile de ma Cité à 13:30. Pour qu’enfin justice soit faite… » Les retrouvailles auront donc lieu devant la Cour d’appel: « Je ne sais pas si la justice doit retenir quelque chose de mon affaire, se demande Schmitt. Ce sont les gens surtout. Il y a des gens qui doivent retenir des choses. » Le message est lancé à ceux qui n’ont pas cru sa version, celle d’une dispute conjugale où les deux membres se sont empoignés et sont allés se cogner sur tous les murs de l’appartement, en mode tornade. Qui ment ? Après l’appel du parquet consécutif à la relaxe d’Alain Schmitt, la Cour d’appel de Paris essayera d’y voir plus clair dans ce nœud gordien plus serré qu’une bataille de garde en judo.

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