la longue traîne de l’épidémie

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Malgré l’absence de restriction sanitaire dans les bureaux de vote, l’épidémie pourrait peser sur le scrutin.

Bonjour,

Le nombre des contaminations a beau rester élevé, le Covid-19 semble sorti de nos préoccupations. À tel point que le rouge à lèvres a repris sa place dans la trousse à maquillage des Françaises. Signe que le temps du Covid est derrière nous, le premier tour de l’élection présidentielle dimanche prochain se tiendra sans restriction sanitaire. L’épidémie pourrait toutefois ne pas se laisser oublier si vite car la crise sanitaire a renforcé l’émergence d’électeurs antisystème. Gilets jaunes, antivax et antipasse pourraient peser sur le scrutin.

Bonne lecture,

Camille Lestienne, journaliste au Figaro.

1. Présidentielle sous Covid

Contrairement aux municipales de 2020, le masque ne sera pas obligatoire dans les bureaux de vote pour l’élection présidentielle. Francois Bouchon / Le Figaro

Impact sanitaire. Après que le protocole sanitaire pour l’élection présidentielle a été dévoilé jeudi dernier, le professeur Gilles Pialoux s’est inquiété d’une explosion des contaminations entre les deux tours, jusqu’à un million de cas en deux semaines. Les épidémiologistes interrogés par Le Figaro sont plus sereins et estiment que les interactions dans les bureaux de vote sont suffisamment limitées pour ne pas trop peser sur la courbe des indicateurs. Les assesseurs toutefois devraient se protéger avec des masques FFP2 et avoir un passe vaccinal à jour, recommandent-ils.

Impact électoral. Si le déroulement du vote n’est pas perturbé par le Covid, la crise sanitaire a toutefois favorisé l’émergence d’une frange d’électeurs réfractaires, aujourd’hui courtisés par les candidats, rapporte le service politique du Figaro. «Il y a deux façons de s’opposer au système, indique le politologue et sondeur Jérôme Sainte-Marie. Ne pas voter du tout ou se tourner vers des forces politiques antisystème.» Autrement dit: Antivax ou antipasse constituent des réservoirs de voix non négligeables pour Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon à moins que l’abstention ne rafle la mise.

2. Les dernières infos

La deuxième dose de rappel va être ouverte aux plus de 60 ans en France. ERIC GAILLARD / REUTERS

Les chiffres. La pandémie de Covid-19 continue de sévir, selon les données de Santé publique France, même si l’on constate une amorce de décrue. Les contaminations ont ainsi cessé de monter : avec 161.950 cas positifs enregistrés en 24 heures la moyenne des sept derniers jours s’établit à 134.991, après avoir dépassé 140.000 vendredi dernier. La tendance reste toutefois à la hausse à l’hôpital. En Moselle, le CHR Metz-Thionville a annoncé mardi déclencher son plan blanc pour tenter de faire face à l’augmentation du taux d’incidence et de la pression hospitalière.

À VOIR AUSSI – Covid-19: Faut-il s’inquiéter?

Les chiffres à retenir en France

  • 1561 malades en soins critiques (+9 depuis la veille)
  • 23.014 patients hospitalisés (+4 depuis la veille)
  • 161.950 nouveaux cas détectés (contre 169.024 il y a une semaine)
  • 116 décès en 24 heures à l’hôpital (142.012 morts depuis le début de l’épidémie à l’hôpital et en Ehpad)
  • 53,4 millions de personnes avec un schéma vaccinal complet (79,2% de la population)
  • 40,3 millions de doses de rappel administrées

Source : Santé publique France au 6 avril

Vaccin. En France, la deuxième dose de rappel de vaccin contre le Covid-19 va être ouverte aux personnes âgées de 60 ans et plus, dont la dernière injection remonte à plus de six mois, a annoncé ce jeudi matin le ministre de la Santé Olivier Véran. En Europe, les autorités sanitaires ont donné leur feu vert mercredi à une deuxième dose de rappel (ou quatrième dose) de vaccin pour les personnes de plus de 80 ans. Pour les adultes de moins de 60 ans dotés d’un système immunitaire normal, il n’existe actuellement «aucune preuve concluante» que la protection vaccinale contre les maladies graves diminue et qu’une quatrième dose ait une valeur ajoutée, ont conclu les institutions.

Allemagne. L’Allemagne renonce à lever l’obligation d’isolement pour les personnes positives au Covid à partir du 1er mai. «C’était une erreur dont je suis personnellement responsable. Cela a donné un mauvais signal», a déclaré à la presse le ministre de la Santé, Karl Lauterbach.

Europe. Le Covid-19 «a contribué» à diminuer la population carcérale en Europe en 2020, selon une étude publiée mardi par le Conseil de l’Europe. Et cela, en partie grâce aux «restrictions de circulation» imposées durant la pandémie. L’étude réalisée par l’Université de Lausanne invoque également «le ralentissement des systèmes judiciaires» et «les programmes de libération» instaurés «dans certains pays pour prévenir ou freiner la propagation» du virus.

Et aussi. La semaine du 14 mars où l’obligation du port du masque a été levée, les ventes de rouge à lèvres ont bondi de 35 % dans les parfumeries, selon le cabinet NPD. Un regain de forme cependant insuffisant pour regagner le terrain perdu pendant deux ans d’épidémie. Chewing-gums et dentifrices sont aussi en hausse nous signale-t-on.

3. Voyager (presque) tranquille

Voyager devient plus simple alors que les restrictions tombent dans de nombreux pays. ATHIT PERAWONGMETHA / REUTERS

Les restrictions de voyage continuent de s’alléger un peu partout en Europe et au-delà selon la carte tenue à jour par le service voyages du Figaro . Il n’y a par exemple plus de test obligatoire pour les vaccinés voulant atterrir au Brésil ou au Canada. Mais attention, voyager vers les départements d’Outre-mer nécessite encore un test. Certains ont même maintenu des restrictions voire le passe sanitaire comme en Martinique. Enfin, voyager peut encore réserver des surprises aux personnes vaccinées et testées. Le week-end dernier, la compagnie Easyjet a dû annuler plus de 200 vols en raison de nombreux cas de Covid-19 détectés parmi son personnel navigant.

4. Masque et passe

Depuis le 14 mars, les restrictions sanitaires liées à l’épidémie sont pour la plupart abandonnées. Cependant, masque et passe sont encore requis dans certains lieux:

Le masque reste exigé dans les transports collectifs de voyageurs et les établissements de santé. Le port du masque reste recommandé pour les personnes positives et cas contacts à risque, les personnes symptomatiques et les professionnels de santé.

Le passe sanitaire (vaccin, test négatif, certificat de rétablissement) est toujours demandé à l’entrée des hôpitaux, des maisons de retraite et des établissements pour personnes handicapées.

5. Les réflexes à conserver

Le virus se transmet par les gouttelettes et les aérosols. Les gestes barrières détaillés par le ministère de la Santé doivent être observés pour se protéger et protéger les autres:

  • Se laver les mains régulièrement ou utiliser du gel hydroalcoolique
  • Tousser ou éternuer dans le pli de son coude
  • Utiliser des mouchoirs à usage unique
  • Eviter de se toucher le visage
  • Aérer les pièces le plus souvent possible, au minimum quelques minutes toutes les heures
  • Saluer sans serrer la main et arrêter les embrassades

6. Que faire en cas de symptômes ?

La maladie se manifeste le plus souvent par la toux, la fièvre ou la sensation de fièvre, la perte de l’odorat et du goût, la fatigue. Si après quelques jours, vous avez du mal à respirer ou êtes essoufflé, il faut contacter le 15. Les symptômes seraient plus légers avec le variant Omicron, s’apparentant à ceux d’un rhume: maux de gorge, maux de tête, écoulement nasal.

En cas de signes de la maladie, le plus important est de se faire tester. Le test, PCR ou antigénique, reste gratuit pour les non vaccinés sur prescription médicale ou après avoir été identifié comme cas contact par l’Assurance maladie. En cas de résultat positif sur un autotest, un test PCR de confirmation est recommandé. En attendant le résultat, vous devez vous isoler et porter un masque. Dans le cas où le test est positif, l’isolement doit durer 7 jours à compter des premiers symptômes pour les personnes vaccinées, 10 jours pour les personnes non vaccinées. Il peut être rompu à respectivement J+5 ou J+7, si on dispose d’un test négatif et que l’on n’a pas de symptômes depuis 48 heures. Bon à savoir, depuis le 21 mars 2022, les cas contact n’ont plus besoin de s’isoler, vaccinés ou non.

À la semaine prochaine.

À VOIR AUSSI – Covid-19: l’Union européenne souhaite harmoniser les recommandations sur la 4e dose de vaccin

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