Covid-19, ce qu’il faut savoir cette semaine : un allègement trop rapide?

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Alors que le rebond de l’épidémie se confirme, l’OMS juge que la levée des restrictions a été trop brutale en France et en Europe.

Bonjour,

Beaucoup le pensent, l’OMS le dit. Alors que les contaminations repartent à la hausse en France et en Europe, la levée des restrictions aurait été trop rapide. Et pourtant, ne vaut-il pas mieux apprendre à vivre avec le virus tout en continuant à le contrer par la vaccination et les traitements? La Chine choisit, elle, de continuer sa stratégie zéro Covid alors qu’Hongkong commence à alléger (un peu) les contraintes.

Et sinon, quoi de neuf sur le Sars-CoV-2? Bonne nouvelle, la transmission du virus de la mère à l’enfant né ou à naître est très limitée selon une étude. On apprend aussi que les hommes ont payé en 2021 un plus lourd tribut à la maladie. Enfin, retrouvez le portrait de l’épidémiologiste Martin Blachier, activiste télévisuel et «rassuriste» controversé.

Bonne lecture,

Camille Lestienne, journaliste au Figaro.

1. Une levée des restrictions trop brutale?

Trop rapide. Serions-nous allés trop vite dans la levée des restrictions? C’est ce qu’a déploré mardi l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) face à la nouvelle envolée des contaminations. «Les pays où nous observons une hausse particulière sont le Royaume-Uni, l’Irlande, la Grèce, Chypre, la France, l’Italie et l’Allemagne», a souligné Hans Kluge, le directeur de l’OMS en Europe. «Ces pays ont levé les restrictions brutalement de “trop” à “pas assez”». D’autant plus que le «sous-variant» d’Omicron, le BA.2, est une fois et demie plus contagieux que l’original, selon une étude. Mais si «la pandémie de Covid-19 semble jouer le jeu de l’éternel recommencement, repoussant sans cesse une fin maintes fois annoncée», l’heure n’est plus à l’inquiétude, analyse Vincent Bordenave du service Sciences du Figaro. Grâce à la vaccination, la stratégie de «vivre avec le virus» apparaît possible. Et cela malgré le rebond actuel qui devrait être absorbé assez facilement par notre système de soins. «Si cela se confirmait, nous nous dirigerions ainsi vers une sorte de normalisation du virus, avec des vagues successives de moins en moins importantes», ajoute le journaliste.

Les chiffres à retenir en France

  • 1564 malades en soins critiques (-40 depuis la veille)
  • 20.653 patients hospitalisés (-89 depuis la veille)
  • 145.560 nouveaux cas détectés (contre 108.832 il y a une semaine)
  • 91 décès en 24 heures à l’hôpital (141.319 morts depuis le début de l’épidémie à l’hôpital et en Ehpad)

Source : Santé publique France au 23 mars

Accros au masque. Après l’allègement des mesures sanitaires le 14 mars dernier, c’est au tour de l’isolement des cas contact d’être abandonné. Depuis lundi, les personnes non vaccinées qui ont été en présence d’une personne positive au Covid-19 n’ont plus à s’isoler. Même régime pour les élèves non vaccinés des collèges et des lycées. Le port du masque en intérieur est en revanche «fortement recommandé pendant 7 jours après la survenue du cas confirmé», souligne le ministère de l’Éducation nationale. Des établissements scolaires privés bretons vont cependant plus loin et ont décidé de réimposer le masque en intérieur malgré les décisions gouvernementales. Une «décision unilatérale et non réglementaire», dénonce le rectorat de Rennes. Quant aux Cinémas, commerces… Est-il légal de continuer à imposer le port du masque aux salariés et aux visiteurs ? Il leur faudrait apporter une justification fondée sur une analyse des risques spécifiques à leur activité.

2. Vu de Chine

La Chine ne renonce pas à appliquer sa stratégie zéro Covid. JADE GAO / AFP

En Chine, pas de relâchement. La semaine dernière, le président Xi Jinping a ordonné de poursuivre la politique du zéro Covid et ses stricts confinements. Et pourtant, la faible immunité collective du pays est perçue par les plus critiques du régime comme un point faible par rapport à l’Occident. À cela s’ajoute la moindre efficacité des vaccins chinois par rapport à celle des vaccins à ARN messager dont le pays est dépourvu. «Beaucoup d’experts peinent à comprendre comment la Chine, si prompte à se mesurer aux Occidentaux, a laissé passer le train de l’ARN messager», rapporte Keren Lentschner du Figaro économie. À Hongkong, toujours en proie à une flambée épidémique, un assouplissement des restrictions a été entamé. Ce n’est pas encore suffisant pour des scientifiques réputés qui exhortent les autorités à considérer le Covid comme une maladie endémique et à mettre l’accent sur la vaccination, faute de quoi Hongkong «restera un port fermé pour toujours».

3. Quoi de neuf sur le Covid?

Selon des chercheurs, la transmission du Covid-19 de la mère à l’enfant né ou à naître est limitée. kieferpix / stock.adobe.com

Transmission limitée au bébé. Selon des chercheurs de l’OMS et de l’université de Birmingham (Royaume-Uni), la transmission du Covid-19 de la mère à l’enfant né ou à naître est limitée. «Le taux global de positivité du Sars-CoV-2 chez les bébés nés de mères infectées est faible» (inférieur à 2%), écrivent les auteurs de l’étude, et plus encore si on se limite à l’exposition au virus durant l’accouchement et immédiatement après (moins de 1%). Attention toutefois, le Covid reste dangereux pour la femme enceinte qui risque davantage de développer une forme sévère et/ou d’accoucher prématurément. D’où l’importance de la vaccination avant ou lors de la grossesse.

Un vaccin français? Le vaccin de la biotech franco-autrichienne Valneva, basée à Saint-Herblain, près de Nantes, pourrait arriver sur le marché en mai. «On espère pouvoir avoir fin avril l’enregistrement final de la part de l’Agence européenne du médicament», a indiqué jeudi dernier son directeur général, pour de «premières livraisons aux États membres quelques semaines plus tard». Le produit de Valneva n’utilise pas la technologie de l’ARN messager mais celle, plus classique, du virus inactivé et pourrait convaincre les récalcitrants à l’ARN messager.

Les chiffres de la vaccination en France

  • 54,2 millions de personnes ont reçu une première dose (80,5% de la population).
  • 53,3 millions de Français ont un schéma vaccinal complet (79,1% de la population).
  • 39,4 millions de doses de rappel administrées.

Source : Ministère de la Santé au 23 mars

4. Le portrait

Martin Blachier, l’épidémiologiste «rassuriste». AFP

Le Figaro Magazine s’est intéressé à Martin Blachier, figure incontournable et controversée des plateaux de télévision depuis le début de la crise sanitaire. Tour à tour «affoliste» ou «rassuriste», l’épidémiologiste de 36 ans s’est imposé dans la sphère médiatique et publie aujourd’hui un livre Méga gâchis. Histoire secrète de la pandémie. Il y dézingue à tout va l’Institut Pasteur qui «prévoit presque tout et son contraire, histoire probablement de ratisser large et de ne pas être contredit» ou, encore, le Conseil scientifique, coopté «sans aucun contradictoire, sans aucune procédure officielle», rapporte Judith Waintraub.

5. Masque et passe

Depuis le 14 mars, les restrictions sanitaires liées à l’épidémie sont pour la plupart abandonnées. Cependant, masque et passe sont encore requis dans certains lieux:

Le masque reste exigé dans les transports collectifs de voyageurs et les établissements de santé. Le port du masque reste recommandé pour les personnes positives et cas contacts à risque, les personnes symptomatiques et les professionnels de santé.

Le passe sanitaire (vaccin, test négatif, certificat de rétablissement) est toujours demandé à l’entrée des hôpitaux, des maisons de retraite et des établissements pour personnes handicapées.

6. Les réflexes à conserver

Le virus se transmet par les gouttelettes et les aérosols. Les gestes barrières détaillés par le ministère de la Santé doivent être observés pour se protéger et protéger les autres:

  • Se laver les mains régulièrement ou utiliser du gel hydroalcoolique
  • Tousser ou éternuer dans le pli de son coude
  • Utiliser des mouchoirs à usage unique
  • Eviter de se toucher le visage
  • Aérer les pièces le plus souvent possible, au minimum quelques minutes toutes les heures
  • Saluer sans serrer la main et arrêter les embrassades

7. Que faire en cas de symptômes ?

La maladie se manifeste le plus souvent par la toux, la fièvre ou la sensation de fièvre, la perte de l’odorat et du goût, la fatigue. Si après quelques jours, vous avez du mal à respirer ou êtes essoufflé, il faut contacter le 15. Les symptômes seraient plus légers avec le variant Omicron, s’apparentant à ceux d’un rhume: maux de gorge, maux de tête, écoulement nasal.

En cas de signes de la maladie, le plus important est de se faire tester. Le test, PCR ou antigénique, reste gratuit pour les non vaccinés sur prescription médicale ou après avoir été identifié comme cas contact par l’Assurance maladie. En cas de résultat positif sur un autotest, un test PCR de confirmation est recommandé. En attendant le résultat, vous devez vous isoler et porter un masque. Dans le cas où le test est positif, l’isolement doit durer 7 jours à compter des premiers symptômes pour les personnes vaccinées, 10 jours pour les personnes non vaccinées. Il peut être rompu à respectivement J+5 ou J+7, si on dispose d’un test négatif et que l’on n’a pas de symptômes depuis 48 heures. Bon à savoir, depuis le 21 mars 2022, les cas contact n’ont plus besoin de s’isoler, vaccinés ou non.

À la semaine prochaine.

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