Wikipedia ne cède pas à la pression russe

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La réponse est non. Non, la fondation Wikimedia ne supprimera aucune information relative à la guerre en Ukraine sur les pages en russe de Wikipedia.
Mardi dernier, 1er mars, l’agence russe de régulation de la communication et de l’information, Roskomnadzor, avait en effet accusé l’encyclopédie en ligne de diffuser dans l’article sur l’invasion de l’Ukraine « des rapports erronés sur des actes de terrorisme et d’autres informations non fiables, ayant un fort impact social ».

Dans une version datant du 27 février de cet article, elle pointe notamment du doigt des informations sur les morts dans l’armée russe et la population civile ukrainienne, ainsi que sur les conséquences des sanctions économiques en Russie. Si la fondation n’agissait pas, l’agence Roskomnadzor se verrait obligée de limiter l’accès à Wikipedia, en accord avec le bureau du procureur général russe.

En réponse, dans un communiqué, la fondation Wikimedia signale qu’elle ne pliera pas aux injonctions russes.

« La Fondation Wikimedia et le mouvement dont nous faisons partie n’ont jamais reculé face aux menaces du gouvernement de priver les gens de leur droit humain fondamental à accéder à des informations libres, ouvertes et vérifiables. (…) La demande de retrait de mardi est une menace de censure. Refuser aux gens l’accès à des informations fiables, en temps de crise, peut avoir des conséquences qui changent la vie », écrit-elle.

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La communauté russe de Wikipedia est également vent debout contre cette tentative de censure. Dans un communiqué, elle explique que des centaines de contributeurs participent actuellement à la rédaction de cet article, selon les règles strictes de la vérifiabilité et de la neutralité.

« Les Russes constituent presque les trois quarts des rédacteurs de Wikipédia en langue russe. Si Wikipédia devenait bloquée en Russie, alors ces rédacteurs ne pourraient plus participer au contrôle des contenus selon le processus décrit ci-dessus ; par conséquent, la crédibilité et la neutralité des articles en souffriront », souligne Wikimedia RU.

Des blocages en série

Il est vrai que cet article doit être une sérieuse épine dans le pied du gouvernement russe. Celui-ci est très soucieux de présenter son invasion du territoire ukrainien comme une simple « opération militaire spéciale ». Il tente d’occulter au maximum l’impact de cette opération sur ses troupes et les civils.
Évidemment, il essaie de faire taire ceux qui ne respectent pas cette version de l’histoire. Twitter et Facebook sont d’ores et déjà bloqués en partie. Des sites Web de médias étrangers ont également été bloqués, tels que BBC, Deutsche Welle, Meduza ou Radio Free Europe.

Les médias locaux ne sont pas mieux lotis. Le blocage concerne également les sites de la radio Echo de Moscou — qui s’est depuis autodissolue — ou de la chaîne de télévision Dojd — dont l’activité est suspendue. Les autorités russes contraignent les médias de leur pays à n’utiliser que les informations officielles sur le sujet et à bannir les mots tels que « guerre » ou « invasion ». Un projet de loi est en préparation à la Douma pour punir de 15 ans de prison ceux qui diffuseraient de « fausses informations » sur l’armée russe.

Sources : Wikimedia Foundation, Wikimedia RU

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