France – Accusés du meurtre d’une prostituée, ils se disent «désolés»

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Publié29 janvier 2022, 14:17

Les accusés du meurtre d’une prostituée transgenre sans-papiers, tuée en 2018 à Paris, ont exprimé samedi leurs remords à l’issue de leur procès.

L’accusation a requis jusqu’à 20 ans de prison contre l’un des accusés.

AFP

«Je m’excuse pour tout ce qui s’est passé, je suis désolé», a déclaré Mahmoud Kadri, 24 ans, via un interprète en langue arabe, avant de s’effondrer en larmes à l’évocation de sa mère. «Je suis désolé pour tout ça, je suis désolé», a dit après lui, en français, Karim Ibrahim, 29 ans, dans ses derniers mots à la cour, avant que celle-ci ne parte délibérer.

L’accusation a requis jeudi 20 ans de réclusion criminelle à l’encontre de Mahmoud Kadri, désigné par ses coaccusés comme celui qui avait tiré sur Vanesa Campos, prostituée transgenre sans-papiers, dans la nuit du 16 au 17 août 2018, ce qu’il conteste. Cette Péruvienne de 36 ans avait été tuée par balle au cours d’une expédition punitive, dans un endroit reculé et plongé dans l’obscurité du bois de Boulogne, aux portes de la capitale française, où elle exerçait depuis deux ans.

A l’encontre de Karim Ibrahim, également renvoyé pour «meurtre en bande organisée», l’avocat général Olivier Auféril a sollicité une requalification en «complicité de meurtre» et une peine de quinze ans de réclusion. Les deux principaux accusés se sont toujours renvoyé la responsabilité du crime.

Face à une «meute»

Le soir des faits, Vanesa Campos s’était retrouvée «nue, sans défense, face à l’arrivée (d’une) meute», un groupe d’au moins une dizaine de jeunes hommes, armés et «galvanisés par un sentiment de toute-puissance», avait souligné l’avocat général. Cette expédition était destinée à «reprendre la maîtrise du territoire en faisant cesser la résistance» de prostituées trans sud-américaines, qui avaient engagé des «protecteurs» face aux agissements d’une bande de voleurs qui détroussaient leurs clients depuis plusieurs années.

Le représentant de l’accusation avait requis des peines de cinq années d’emprisonnement, dont l’une assortie du sursis, contre cinq autres accusés jugés pour leur participation à l’expédition punitive. Une même peine de cinq ans de prison a été demandée contre un huitième homme, jugé pour le vol de l’arme du crime, un pistolet dérobé une semaine plus tôt à un policier alors qu’il se trouvait avec une prostituée.

Pour les huit accusés d’origine égyptienne, l’avocat général a requis en outre une interdiction de port d’arme et une interdiction, d’une durée de dix ans ou définitive, du territoire français. Le verdict est attendu dans la soirée.

(AFP)

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